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Apport en connaissance

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Cette première approche s’appuie notamment sur la contribution de Hitt et Brynjolfsson (1996) qui posent trois questions : les investissements informatiques accroissent-ils la productivité des entreprises, améliorent-ils la position concurrentielle des entreprises, et créent-ils de la valeur pour le consommateur ?

La contribution de l’informatique à la productivité des entreprises

Cette question prend son origine dans le paradoxe de Solow qui énonce en 1987 : « On voit des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité ». En effet, quand on parle de productivité se pose la question de savoir, de manière marginale, quand un investissement d’un euro additionnel dans les TIC génère un revenu net positif, compte tenu des coûts de l’investissement. La théorie économique de la production stipule en effet que les entreprises vont investir – de manière rationnelle – dans une ressource jusqu’à ce que la dernière unité produite engendre une valeur inférieure à son coût. 

Les travaux emploient généralement des outils économétriques basés sur la fonction Cobb-Douglas3. La plupart des résultats montrent une corrélation claire et positive entre inputs informatiques et valeur ajoutée, avec une contribution marginale bien plus élevée que celle du travail (Hitt et Brynjolfsson, 1996). Ainsi, les entreprises ont intérêt à investir dans les TIC puisque celles-ci produisent marginalement une valeur nette positive (déduction faite des coûts).

Mais cet effet positif est également discuté par d’autres auteurs (Osei-Bryson et Ko, 2003). Pour certains, les TIC ont un impact inexistant voire négatif sur la performance des entreprises ; Turner (1985) conclut à l’absence de relation entre les budgets alloués aux SI et la performance des entreprises. Bernt et Morisson (1995) montrent à partir des données sectorielles que l’équipement informatique est négativement corrélé à la productivité du travail dans l’industrie manufacturière. Mais ces recherches peuvent également illustrer le fait que l’impact des TIC sur la performance des entreprises nécessite un temps d’apprentissage. En effet, il est constaté jusqu’en 1995 une corrélation négative entre les investissements informatiques et la croissance de la productivité du travail. En revanche, après l’éclatement de la bulle Internet en 2001, bien que les investissements décroissent, l’augmentation de la productivité continue sa progression. Les tentatives pour dépasser cette contradiction apparente motivent les travaux centrés sur l’organisation et les processus, présentés plus loin.

La contribution des TIC au développement d’un avantage concurrentiel

Au-delà de l’impact sur la productivité, d’autres recherches évaluent dans quelle mesure les TIC permettent à l’entreprise de disposer d’un avantage concurrentiel générateur de rente et donc de profits supranormaux. Ces travaux s’inscrivent dans la lignée des travaux de Porter (1980) et de l’économie industrielle (Bain, 1956). Les résultats obtenus à ce jour ne permettent pas d’établir clairement un lien démontrable entre investissement en TIC et avantage concurrentiel mesurable financièrement. Les tenants d’une vision des TIC comme simple fonction support, fortement banalisée et donc non discriminante du point de vue concurrentiel, et ceux d’une vision des TIC comme facteur puissant de l’innovation, s’affrontent notamment autour de l’article de Nicholas G. Carr, « IT doesn’t matter » [9].

Les TIC et le surplus pour le consommateur

Enfin, quelques recherches ont porté sur l’impact des TIC sur le surplus du consommateur, c’est-à-dire sur la valeur transférable (ou effectivement transférée) au consommateur. Différents résultats nous montrent que grâce aux investissements informatiques, une valeur a été créée et effectivement transférée aux consommateurs, principalement par des mécanismes de réduction des prix. Nous verrons dans le chapitre consacré aux bénéficiaires à quel point ce facteur est prégnant dans le champ de la santé.

Face à la difficulté d’établir une corrélation claire entre les investissements informatiques et la performance financière de l’entreprise, la perspective organisationnelle a été développée. En effet, il semble que cette première approche exclut l’existence d’une étape intermédiaire de l’analyse intégrant les processus organisationnels et les actifs complémentaires créés par les TIC. Il ne s’agit donc plus seulement de savoir si les TIC créent de la valeur, mais de déterminer les conditions par lesquelles une telle valeur est susceptible d’être créée (Soh et Markus, 1995).

La fonction Cobb-Douglas, représentation mathématique sous forme de fonction de production, permet de mesurer le lien entre un intrant (« input ») et un extrant (« output »). Dans l’approche économétrique appliquée aux TIC, elle mesure statistiquement l’impact du capital informatique, non informatique et du travail sur la valeur ajoutée de l’entreprise. Si la somme des coefficients est égale à 1, les rendements dits d’échelle sont constants, si inférieur à 1, les rendements sont décroissants et si supérieur à 1, les rendements sont croissants.

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Date de parution : 16/10/2014

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