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Etienne MAUGET

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Comme on l’a vu dans le chapitre précédent, la création de valeur revêt de multiples dimensions. Concernant les gains et bénéfices attendus, une spécificité forte du secteur de la santé est la nécessité de trouver le point d’équilibre entre la rationalité économique et la demande sociétale d’une offre de soins de qualité.

Les gains sont avérés

Le potentiel des TIC en santé pour améliorer l’efficience, l’efficacité économique, la qualité et la sécurité des soins est largement affirmé, voire revendiqué. Cet engouement, loin d’être irrationnel, est justifié par la place centrale de l’information dans le secteur de la santé, à la fois pour la relation soignant-patient, son impact sur la qualité des soins et sur la capacité à organiser et évaluer les politiques de santé [15].

L’étude de l’Agency for Healthcare Research and Quality

La première source majeure est l’étude sponsorisée par l’AHRQ précédemment citée [16]. Basée sur une revue systématique des publications médicales (1995 à mi-2005), elle utilise les méthodes de la médecine basée sur la preuve. L’AHRQ a par ailleurs mis en ligne une base de données interactive recueillant de façon structurée les résultats des publications [17]. Nous en résumons ici les principales conclusions.

Les effets sur l’iatrogénie médicamenteuse
Depuis l’article de David W. Bates en 1998 [31], de très nombreuses études concluent à l’impact positif des TIC pour diminuer l’iatrogénèse d’origine médicamenteuse. Une revue systématique publiée en 2008 [32] conclut à :

  • une réduction des erreurs de médication (prescription, transcription, dispensation, administration et suivi) comprise entre 13 % et 99 % ;
  • une réduction des événements indésirables médicamenteux potentiels comprise entre 35 % et 98 % ;
  • une réduction des événements indésirables médicamenteux (avérés) comprise entre 30 % et 84 %.

Ces résultats, largement démontrés, viennent en appui des politiques publiques incitant fortement les établissements de santé à informatiser le circuit du médicament, notamment au niveau français [33].
Il est important de noter, en contrepoint, que l’informatisation de ce domaine sensible est par elle-même porteuse de nouveaux risques [35, 36], qu’il convient par conséquent de prévenir [34].

Les effets sur la qualité

Le principal gain est l’augmentation de l’adhésion aux recommandations ou aux protocoles ([16], p. E14-E15). Le second thème montre l’amélioration de la surveillance de la santé par l’étude et l’agrégation de grands ensembles de données, notamment concernant la nosocomie et l’iatrogénie, la mesure de la qualité des soins et la surveillance des épidémies ([16], p. E15-E16). Enfin, le troisième axe de gains est la réduction des erreurs de prescription médicamenteuse ([16], p. E16) (voir encadré ci - dessus).

Les effets sur l’efficience

Le premier effet sur l’efficience étudié, avec des résultats positifs, est la diminution de la consommation de soins, notamment concernant les examens de biologie et d’imagerie ([16], p. E16-E17). Le second effet est l’impact sur le temps soignant, avec des résultats plus mitigés ([16], p. E17). Une revue des publications plus récente [18] précise ces résultats, montrant que l’impact sur le temps infirmier est avéré dans le cas de saisie au lit du patient, mais que ce point n’est pas démontré, voire infirmé, pour les médecins. L’étude précise d’autre part que si les gains de temps ne s’observent pas au niveau du temps consacré à la documentation, il est probable que des études sur le processus plus complet et les transformations organisationnelles induites produiraient des résultats différents ([18], p. 514).

Les effets sur les coûts

Globalement, les données sur les coûts dans les publications étudiées ne sont pas suffisantes (fiabilité, comparabilité, exhaustivité) pour permettre des approches coûts/bénéfices robustes. L’urgence, selon les auteurs, est donc d’évaluer les projets, selon un outillage standardisé et répondant aux critères de la médecine basée sur la preuve ([16], p. E19).

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Date de parution : 16/10/2014

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