ANAP

Evaluer le retour sur investissement du SI

Synthèse

De nombreux établissements réfléchissent, dans un objectif de performance globale, à rénover voire refondre tout ou partie de leur SIH. Les investissements en systèmes d’information étant faibles historiquement, notamment en ce qui concerne le cœur du métier de l’établissement de santé, à savoir la production de soins, un rattrapage sera vraisemblablement nécessaire : il s’agit plus que jamais de bien dépenser, et donc d’évaluer de manière réaliste la performance attendue des projets à réaliser.

Dans ce contexte, quel est l’intérêt d’un guide méthodologique sur la notion de rentabilité des projets de système d’information ?

L’approche de retour sur investissement est focalisée sur la mise en évidence du rapport entre les coûts d’un système d’information et les bénéfices qu’il apporte à l’organisation qui l’accueille, dans une logique d’optimisation générale.

A ce titre, elle vient donner un éclairage particulier à la réflexion sur la stratégie de l’établissement et l’alignement stratégique des SIH, la gestion du portefeuille des projets, ou la conduite du changement. Elle n’a pas néanmoins vocation à se substituer aux approches spécifiques sur ces thèmes.

Malgré leur utilisation éprouvée dans de nombreux secteurs d’activité, trois raisons majeures peuvent apparaître comme un frein à l’utilisation de telles approches dans le secteur de la santé :

  1. l’évolution de la nature même des systèmes d’information en rend l’analyse plus complexe ;
  2. dans beaucoup de cas, la difficulté à obtenir des données objectives et fiables, ce qui implique un effort important pour reconstituer a posteriori les éléments de la situation de départ afin de les comparer à la situation d’arrivée ;
  3. le contexte réglementaire du secteur de la santé impose des contraintes telles que les établissements ne peuvent plus les respecter sans une connaissance fine de leur système d’information et à l’aide d’un « outillage » informatique adéquat.On citera sans que cela soit limitatif : les T2A, CCAM et PMSI, la tenue du dossier patient, le contrat pour le bon usage du médicament et bien sûr, le DMP. Dans ce cas, on peut s’interroger sur l’intérêt d’investir sur des projets méthodologiques d’analyse de rentabilité puisqu’il va de soi que l’informatisation fait désormais partie des stratégies d’organisation.

Pourtant, malgré ces critiques fondées, il semble important de mettre à disposition des établissements de santé une méthode d’évaluation de la rentabilité des SI. En effet, elle s’inscrit dans une bonne gouvernance des systèmes d’information : la DG a besoin d’un outil lui permettant de décider entre les différents scénarios possibles. Le DSIO a besoin d’un outil de communication et d’échange avec la DG et les équipes métiers pour maintenir la trajectoire dans un environnement qui change.

Enfin, en cas de choix entre plusieurs objectifs également prioritaires, cet outil aide à identifier celui qui apporte le plus de valeur à l’établissement de santé.

La démarche proposée ici a été testée dans le cadre d’un projet « Production de soins ». Elle a montré sa pertinence sur les cinq segments qui ont été explorés et qui sont :

Les bénéfices obtenus sur ces deux premiers segments financent l’investissement informatique mais les trois autres le justifient dans bien des cas.

Si tous les axes sont essentiels à prendre en compte, l’analyse effectuée dans un CHU sur le processus de production de soins a montré que l’essentiel des bénéfices de l’informatisation était sur sa capacité à générer des gains financiers et améliorer la qualité de service pour le patient.

Démontrer que les bénéfices ainsi identifiés l’emportent sur les coûts permet de clore le débat qui oppose encore parfois les tenants de l’informatisation et les opposants, au nom de la nature même de l’activité de soins dont les investissements informatiques sont en concurrence avec ceux des équipements médicaux. Or, ces deux natures d’investissements ne s’opposent pas dans leur utilité pour la santé publique, ni ne se concurrencent sur le but visé, elles se complètent. L’informatique de la production de soins venant décupler l’efficacité des investissements médico-techniques, et devenant un levier de performance pour les établissements. Ce qui est vrai sur le processus de soins se vérifie bien sûr sur les processus administratifs et financiers.

Le présent guide prend tout son intérêt pour les établissements de santé, car la méthode suivie :

L’implication des représentants des professionnels de santé des établissements sera une condition de succès et un garde-fou efficace pour mettre cet outil méthodologique pragmatique et opérationnel au service de l’amélioration du fonctionnement des établissements de santé dans le contexte de la Nouvelle Gouvernance.