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Méthode ♦ Kit de productions

Construire un programme adapté à l'activité de son bloc opératoire

Glossaire

La programmation opératoire se définit comme l'ensemble des étapes et actions concourant à l'organisation et la prise en charge de l'activité opératoire, sur une échelle de temps d'une semaine. Elle fait intervenir et concerne de nombreux acteurs d'un établissement : chirurgiens, anesthésistes, cadre de santé, IBODE, IADE, secrétariat des services de soins et du bloc opératoire.

Cible

  • Cadres de bloc
  • Médecin coordonnateur

 Enjeux

  • Positionner les interventions dans les salles et les vacations opératoires au regard de leur nature et de leur durée prévisionnelle pour la ou les semaine(s) à venir
  • Optimiser l'utilisation des salles, des activités et des ressources
  • Lisser l'activité du bloc sur la journée et la semaine
  • Limiter le nombre d'erreurs de programmation
  • Développer l'activité programmée
  • Améliorer les conditions d'exercice du personnel
  • Sécuriser la prise en charge des patients

Indicateurs de suivi

  • Nombre d'ajouts au programme entre J-7 et J-1
  • Taux mensuel de vacations opératoires vides
  • Taux de demande d'intervention par le biais du logiciel bloc (si le bloc est informatisé)
  • Taux de déprogrammation
  • Taux d'interventions programmées

 Kit Outil / REX

Pré-requis

  • Avoir une planification adaptée à l'activité de son bloc opératoire
  • Avoir une gouvernance de bloc établie (Conseil de bloc, binôme de pilotage)

 Clés de la réussite

  • Forte implication des acteurs clés du bloc opératoire : chef de bloc, conseil de bloc, binôme de pilotage, cadres, etc.
  • Informatisation (partielle ou complète) du bloc opératoire
  • Anticipation au maximum du programme opératoire

Thèmes et fiches associés

                   

Sommaire

1. Constituer la cellule de programmation

1.1. Définir les missions de la cellule de programmation

1.2. Identifier les acteurs de la cellule de programmation

1.3. Clarifier les modalités pratiques de la cellule de programmation

1.3.1. Organiser des réunions de programmation

1.3.2. Avoir une visibilité du programme opératoire à moyen terme

2. Concevoir son processus de programmation

2.1. Définir les règles de programmation

2.2. Définir les règles d'ajustement des ressources à l'activité

2.3. Définir les règles de mise à disposition des plages non occupées

2.4. Définir les règles de validation

3. Organiser la demande d'intervention

3.1. Elaborer une fiche unique de demande d'intervention

3.2. Valider et partager les règles de demande d'intervention

4. Valider et communiquer le processus

4.1. Formaliser son processus de programmation opératoire

4.2. Partager le processus de programmation opératoire

4.3. Piloter la mise en œuvre du processus (évaluation des incidents et proposition d'actions d'amélioration)

5. Travaux préalables à une programmation performante

5.1. Analyser les durées prévisionnelles d'intervention

5.2. Anticiper les absences prévisibles des praticiens

6. Définir l'outillage de la programmation au fil de l'eau

6.1. Les outils d'aide à la décision nécessaires à la cellule de programmation

6.1.1. Maîtrise du programme non assistée par logiciel

6.1.2. Maîtrise du programme assistée par logiciel

6.2. Les outils de partage des décisions de la cellule de programmation

                   

Actions pour la mise en oeuvre

1. Constituer la cellule de programmation

1.1. Définir les missions de la cellule de programmation

La cellule de programmation est l'instance exécutive du bloc opératoire. Son but est de positionner les interventions dans les vacations opératoires au regard de leur nature et de leur durée prévisionnelle, afin d'utiliser les salles de façon optimale et d'éviter les débordements.

Elle est ainsi chargée d'organiser le programme opératoire de la semaine suivante. Cette cellule permet la gestion des flux patients, la prévision du matériel spécifique et des moyens humains nécessaires à la réalisation des interventions.

Ses principales missions sont :

  • Inscrire les interventions et patients au programme
  • Organiser l'approvisionnement en matériel (DM, prothèses, etc.)
  • Affecter les ressources (personnel, matériel)
  • Communiquer largement les programmes (services de soins, SSPI, REA, UCA)
  • Organiser l'activité de brancardage
  • Synchroniser les prestations avec la stérilisation
  • Gérer les alertes (manques, dépassements, indisponibilités)
  • Ajuster les programmes (temps opératoires, ajouts, annulations)

1.2. Identifier les acteurs de la cellule de programmation

La cellule de programmation doit être composée a minima :

  • Du binôme de pilotage du bloc (médical et paramédical)

Peuvent s'ajouter à sa composition selon les besoins (notamment lors des réunions de programmation) :

  • D'un représentant de chaque spécialité (chirurgien et anesthésiste)
  • Des cadres IADE et IBODE du bloc
  • Du cadre de l'UCA
  • De la personne responsable de la gestion du matériel

1.3. Clarifier les modalités pratiques de la cellule de programmation

La cellule de programmation a pour principale mission d'organiser le programme opératoire par le biais notamment d'une réunion hebdomadaire de programmation, mais aussi en anticipant le programme opératoire à moyen terme (à J-15), pour apporter les ajustements nécessaires et améliorer l'ordonnancement.

1.3.1. Organiser des réunions de programmation

La programmation du bloc opératoire est élaborée grâce aux trois éléments fondamentaux suivants :

  • La demande d'intervention
  • Le circuit de la demande d'intervention
  • La réunion de programmation

La cellule de programmation doit donc définir au préalable la manière d'utiliser les informations reçues pour établir son programme lors de la réunion de programmation. Il est important de valider les règles de fonctionnement de la cellule de programmation en conseil de bloc, afin de s'assurer de leur application. La réunion de programmation consiste à élaborer le programme opératoire mais aussi à identifier les éléments critiques pouvant avoir des conséquences sur le programme opératoire (cf. exemple de projet de staff de programmation).

La réalisation d'un tableau de fonctionnement de la cellule de programmation permet de lister les éléments nécessaires à cette réunion de programmation (cf. exemple de check-list). Ces éléments doivent être intégrés dans la demande d'intervention afin d'assurer la disponibilité de l'ensemble des informations pour la cellule de programmation. Cette dernière doit évaluer les éventuels débordements en réalisant la somme des durées d'occupation prévisionnelles de chaque intervention, et en la confrontant avec la durée de chaque vacation. Un seuil de débordement à ne pas dépasser doit être défini dans l'élaboration du programme opératoire.

Nous vous recommandons de vérifier la disponibilité prévisionnelle des lits de réanimation ou de soins continus avant la réunion. La réunion permettra ainsi de réaliser les ajustements nécessaires.

Organiser cette réunion de programmation le jeudi est idéal. Le vendredi ne permettant pas d'avoir assez de recul pour pouvoir réaliser des modifications, et avant le jeudi, il est parfois difficile de disposer de toutes les informations nécessaires.

Lorsque l'activité programmée est importante, et dans le but d'anticiper les aléas, il est pertinent d'analyser en réunion de programmation les deux semaines suivantes au lieu d'une seule. L'analyse de la seconde semaine se fait à la fin de la réunion.

1.3.2. Avoir une visibilité du programme opératoire à moyen terme

La validation du pré-programme opératoire est optimale si elle est réalisée au plus tard le jeudi de la semaine précédant la semaine opératoire.Lorsque les demandes d'ajouts ou de suppressions d'interventions arrivent à la cellule de programmation après ce délai, il devient difficile d'éviter les dysfonctionnements : débordements, faible occupation des salles, manque de ressources humaines, matériel spécifique ou DMI non disponible, etc. Plus le programme opératoire est anticipé, plus l'organisation du bloc est efficiente. L'anticipation permet notamment :

  • une meilleure utilisation des moyens humains (meilleure adéquation de l'effectif par rapport à l'activité et à la charge de travail
  • une réduction des incidents logistiques (délai « raisonnable » pour passer les commandes de DMI, calendrier des périodes de maintenance mieux adapté aux périodes de faible activité, boîtes d'instruments stérilisés en nombre suffisant, etc.)
  • une meilleure utilisation des moyens matériels (optimisation des salles de bloc notamment)

Comme vu précédemment, l'anticipation du programme opératoire peut se faire encore plus en amont que J-7. En effet, si une majorité des interventions sont programmées bien avant la semaine précédente, il est donc tout à fait possible de transmettre ces informations au bloc dès leur validation par le chirurgien et l'anesthésiste. Si le cadre de santé dispose des informations sur le programme à J-15, il pourra déjà anticiper les débordements, les faibles occupations de salle, les fins précoces, mais surtout les plages à réallouer, les interventions à regrouper sur une même salle ou les besoins en matériels spécifiques.

La définition du « moyen terme » dépend de la file d'attente des spécialités mais communément, cette période est de 2 semaines.

2. Concevoir son processus de programmation

La programmation opératoire fait intervenir et concerne de nombreux acteurs : chirurgiens, anesthésistes, cadre de santé, IBODE, IADE, secrétariats des services de soins et du bloc opératoire, pharmacie, stérilisation, brancardage, etc. Aussi, définir ce processus est essentiel pour aligner l'ensemble de ces acteurs autour de la même logique de fonctionnement, uniformiser et simplifier le travail de chacun, éviter les communications désordonnées, impromptues et incomplètes et développer de véritables automatismes de travail.

2.1. Définir les règles de programmation

La programmation doit être faite en fonction de règles définies. Celles-ci peuvent être :

  • L'existence d'un dossier patient partagé pour la programmation
  • Le bon remplissage de la demande d'intervention
  • Des règles communes d'ajout ou de suppression au programme définies et validées
  • La disponibilité du matériel spécifique éventuel
  • L'accès aux temps moyens par typologie d'opération
  • Le type d'hospitalisation (ambulatoire ou conventionnelle)
  • La lourdeur de l'intervention
  • Etc.

2.2. Définir les règles d'ajustement des ressources à l'activité

Il s'agit ici d'identifier la composition de l'équipe « moyenne » en salle (IBODE / IDE / IADE), par type d'acte / par spécialité Les principales questions à se poser :

  • De quelles ressources a-t-on besoin pour réaliser tel type d'acte ?
  • Peut-on faire évoluer la composition de ces équipes pour dégager des marges de manœuvre complémentaires ?

Cf. fiche : Mettre en adéquation les ressources humaines à l'organisation de son bloc opératoire

2.3. Définir les règles de mise à disposition des plages non occupées

Il s'agit de mettre à disposition des autres spécialités les plages opératoires non occupées par une spécialité. La réallocation dynamique des plages ou des vacations consiste à proposer à l'ensemble des praticiens du bloc un créneau opératoire habituellement réservé à une spécialité (après analyse de la courbe de remplissage dans le temps de la spécialité en question), mais non utilisée « X » semaines avant le jour J programmé.

Cette pratique permet avant tout d'optimiser l'utilisation des ressources du bloc et de lisser son activité. Elle permet aussi, dans une certaine mesure, d'augmenter l'activité du bloc. En effet, en offrant aux praticiens des créneaux supplémentaires, cette « bourse des vacations » permet de réduire les listes d'attentes. C'est la cellule de programmation qui est l'intermédiaire entre les spécialités pour ce faire.

En cas de non occupation de la vacation avant un délai fixé, la fermeture de la salle pour la durée de la plage peut être décidée par la cellule de programmation du bloc.

Pour mettre en place de façon efficace la bourse des vacations libres, le dispositif doit être testé pendant plusieurs semaines afin de :

  • valider le timing des différentes étapes du processus de réallocation des vacations
  • adapter le dispositif en intégrant les éventuelles objections formulées suite au test
  • Faire valider le dispositif par la commission des utilisateurs

En cas de décision de fermeture d'une salle pour une vacation non utilisée, il est essentiel d'informer immédiatement les praticiens de cette fermeture officialisée pour éviter des prises de rendez-vous de dernière minute.

Cf. exemple de procédure de remise à disposition de plages opératoires non occupées

2.4. Définir les règles de validation

Les règles de validation du programme opératoire doivent être définies en prenant en compte plusieurs points :

  • La planification du bloc opératoire établie dans le respect de la répartition des plages définies ou réallouées
  • Les différentes spécialités chirurgicales
  • Les durées prévisionnelles d'interventions (avec prise en compte du bio nettoyage et des temps de pré-anesthésie si possible)
  • La disponibilité de l'ensemble des informations sur la demande d'intervention

Tout programme validé par la cellule de programmation dans des délais définis, (par exemple la veille avant 14h), ne peut être modifié le lendemain en dehors du contexte de l'urgence. Les chirurgiens doivent avoir connaissance, la veille du jour opératoire, du programme officiel sur lequel figure le nom de l'anesthésiste et l'heure d'entrée en salle de leur 1er patient.

Une fois le programme validé, celui-ci doit être communiqué. Dans le cas où l'établissement dispose d'un logiciel de gestion de son bloc opératoire, la communication du programme validé se fait par consultation via ce logiciel. Dans le cas où l'établissement ne dispose pas de logiciel, le programme validé est diffusé au format papier, à destination des utilisateurs du bloc, mais aussi des unités d'hospitalisation, du service de brancardage de la stérilisation et de la pharmacie.

Cf. exemple des 5 règles d'or de la programmation

Cf. trame de questionnaire sur les nouvelles règles de programmation

3. Organiser la demande d'intervention

Pour rendre le processus de programmation efficient, il faut établir des règles de demande d'intervention. Premièrement, la transmission des propositions d'intervention doit être réalisée de manière coordonnée à la cellule de programmation du bloc opératoire : il faut donc définir un jour de transmission des programmes pour chaque spécialité, avant la réunion de programmation du jeudi bien sûr.

Dans un second temps, il faut définir un support unique de demande d'intervention pour toutes les spécialités.

3.1. Elaborer une fiche unique de demande d'intervention

Une bonne programmation nécessite que le bloc opératoire dispose de toutes les informations nécessaires pour pouvoir établir le programme. La bonne pratique consiste à réaliser une liste des éléments nécessaires au bloc opératoire pour réaliser sa programmation, et qui figureront sur la fiche unique de demande d'intervention.

Avant de vous lancer dans cette action, voici les deux principaux écueils à éviter :

  • Lister trop d'informations : le principal risque du document de programmation réside dans sa « non-utilisation » par les différents acteurs. Plus il sera chargé, moins ils auront envie de le remplir complètement.
  • Ne pas lister assez d'informations : et par voie de conséquence, ne pas disposer d'une information qui serait indispensable pour la programmation.

Ainsi, après avoir listé ces différentes informations, il peut être pertinent de déterminer lesquels sont vraiment indispensables.

Cf. tableau des éléments devant figurer dans la demande d'intervention

Cf. fiche type de demande de programmation

3.2. Valider et partager les règles de demande d'intervention 

Il est vivement conseillé à la cellule de programmation de faire valider les règles de demande d'intervention par le conseil de bloc. Celles-ci doivent figurer dans la charte de bloc, et être communiquées à l'ensemble des utilisateurs du bloc opératoire (cf. fiche : Elaborer, mettre en oeuvre et faire appliquer une charte de bloc).

Par ailleurs, la cellule de programmation peut faire le suivi des demandes d'intervention incomplètes afin d'en identifier les causes et les résoudre.

4. Valider et communiquer le processus

4.1. Formaliser son processus de programmation opératoire

On cherche ici à simplifier et à optimiser le processus en place en cherchant à éliminer les étapes inutiles, redondantes et les circuits « parallèles ».

Il est essentiel de formaliser le processus de programmation afin de sécuriser la connaissance et l'application de celui-ci par les différents acteurs du bloc opératoire (cf. exemple de logigramme du processus de programmation, cf. exemple de logigramme des circuits de décision de la programmation).

Les principaux jalons doivent apparaître :

  • Date/heure limite de réception des plannings en provenance des services
  • Date/heure du staff de programmation
  • Date/heure de publication du programme opératoire
  • Date/heure limite de réception des demandes de rajouts au programme (ex : J-1 18h, J-1 15h, J-2)
  • Date/heure de publication de l'ordre opératoire

Le document doit aussi formaliser les principes de la programmation :

  • Principes d'ordonnancement des patients
  • Conduite à tenir pour limiter les débordements et les programmes trop ambitieux au regard du TVO
  • Principes et possibilités de travail sur deux salles
  • Principes d'attribution de vacations mises au pot commun
  • Principes d'affectation des personnels soignants aux interventions

Enfin, le processus doit identifier les personnes en charge des différentes étapes de la programmation.

4.2. Partager le processus de programmation opératoire

Partager au sein du bloc les modalités de programmation envisagées, en invitant chacun à faire ses commentaires, (cf Trame de questionnaire sur les nouvelles règles de programmation) permet de recueillir les avis de tous et d'enrichir le document. La version finale du processus de programmation formalisé doit faire l'objet d'une validation en conseil de bloc.

Après la validation par le conseil de bloc, le nouveau processus doit être communiqué : affichage, réunion d'information, notes de service, présentation orale succincte sur les points clés aux opérateurs. Un soin tout particulier doit être porté aux équipes des services de chirurgie hors du bloc opératoire, l'expérience ayant montré que des incidents de programmation sont souvent liés à une mauvaise communication entre ces services et le bloc.

On peut également utiliser les supports d'échanges d'information pour rappeler les principales règles. Par exemple sur le programme opératoire diffusé dans les services de chirurgie, on peut rappeler systématiquement l'email ou le téléphone à utiliser pour les annulations ou les principes retenus pour programmer le premier patient en salle. Les signatures des emails du secrétariat du bloc (si existant) peuvent systématiquement rappeler les principaux numéros de fax ou de téléphone à utiliser, etc.

4.3. Piloter la mise en œuvre du processus (évaluation des incidents et proposition d'actions d'amélioration)

La mise en place d'un nouveau processus nécessite souvent des ajustements. Un relevé des incidents au bloc opératoire peut être mis en place, portant sur les dysfonctionnements liés à la programmation pour ajuster au plus vite ce qui doit l'être : la communication et l'information des acteurs du bloc en cas de non-respect des règles, les documents standards utilisés en cas de manque de précision de l'information, etc.

5. Travaux préalables à une programmation performante

5.1. Analyser les durées prévisionnelles d'intervention

L'élaboration de la programmation opératoire ne prend pas assez en compte la durée prévisionnelle des interventions, et lorsqu'elles existent, ces durées ne s'avèrent pas toujours fiables et réalistes. Des dysfonctionnements importants peuvent en découler. Il est donc essentiel de faciliter la programmation opératoire, de la fiabiliser, d'optimiser l'occupation du bloc opératoire et de limiter le débordement des interventions, en estimant au plus juste le temps moyen des interventions pratiquées. En amont et en aval, la fiabilisation des temps moyens d'intervention permet de faciliter la préparation et l'organisation du retour des patients en service clinique, mais également d'assurer une meilleure coordination avec le brancardage.

Cette estimation doit donc se faire a minima par type d'intervention et par spécialité, au mieux par intervention, par catégorie (senior/interne) et par praticien. Ce niveau de granularité dépendra des enjeux de chaque bloc et du niveau d'hétérogénéité des pratiques des chirurgiens d'une même spécialité. Afin de disposer d'une bonne base de travail, et si le bloc est informatisé, il est recommandé d'extraire du système d'information les données d'intervention, sur une période d'un an, et de réaliser une étude sur les durées moyennes d'intervention. Dans ce cas, il est indispensable de s'assurer de la fiabilité des données extraites avant de les utiliser. Pour les établissements qui ne disposent pas d'un logiciel de bloc opératoire, une autre solution consiste à réaliser un relevé manuel des horaires de début et de fin d'intervention, sur une période déterminée, et de se servir de ces données collectées manuellement afin d'analyser les temps moyens d'intervention par praticien. Dans un premier temps, les responsables du bloc peuvent faire le choix de limiter l'analyse aux actes les plus fréquents et aux actes ponctuels mais à forts enjeux ou forts risques (greffes, prélèvements par exemple). Cette méthode a un préalable : l'identification et le regroupement de l'ensemble des interventions réalisées par un praticien ou une spécialité, en sous-catégories d'actes, ce qui permet de limiter le nombre de codes à analyser. Afin de faciliter ce travail de regroupement, une solution consisterait à créer deux champs pour la description d'une opération : un champ générique qui peut être maîtrisé au travers d'un menu déroulant par exemple, et pour lequel on choisit parmi une liste d'actes prédéterminés, et un deuxième champ libre dans lequel les chirurgiens ont la possibilité de préciser l'intervention.

Une fois les données moyennes d'intervention calculées, elles doivent ensuite être paramétrées dans l'outil de programmation s'il existe, ou être exploitée lors de l'élaboration du programme opératoire par la cellule de programmation.

Afin de garantir la pérennité de cette action, il est indispensable que ces durées soient revues à intervalles réguliers (tous les ans par exemple, pour prendre en compte l'évolution des pratiques et des techniques chirurgicales, ainsi que les arrivées de nouveaux chirurgiens).

Remarques : Le temps moyen d'intervention peut être défini différemment en fonction de la personne qui réalise la saisie : un chirurgien aura tendance à n'évaluer que le temps de son geste, alors que pour un cadre de bloc, le temps moyen d'une intervention comprend le temps de préparation du patient, le pansement, etc. l'équipe de pilotage du bloc en charge de ce travail se met d'accord en amont du périmètre qui est retenu et le partage avec les acteurs. Enfin, il est indispensable de faire valider par les praticiens eux-mêmes les durées moyennes d'intervention calculées, car c'est est un premier pas vers leur acceptation et l'utilisation de ces informations. Une analyse plus poussée des temps d'intervention, en regardant les temps médians par exemple, peut être plus représentative de la réalité.

5.2. Anticiper les absences prévisibles des praticiens

L'anticipation des absences prévisibles des praticiens permet l'optimisation des ressources du bloc opératoire, que ce soit l'utilisation des salles ou des équipes IBODE ou IADE.

  • Elle détermine si les absences des chirurgiens font l'objet d'une redistribution ou d'une fermeture des vacations, en fonction des besoins
  • Enfin, elle réalise une mise à jour et une diffusion des plannings de fermeture ou de réallocations des vacations en fonction des absences planifiées

Cf. exemple de formulaire de gestion des absences des médecins utilisateurs de bloc

6. Définir l'outillage de la programmation au fil de l'eau

6.1. Les outils d'aide à la décision nécessaires à la cellule de programmation

6.1.1. Maîtrise du programme non assistée par logiciel

Au-delà des différents documents types proposés dans cette fiche, permettant de faciliter l'élaboration du programme opératoire, un outil mis à disposition par l'ANAP peut aider la cellule de programmation à gérer le programme au fil de l'eau : l'outil Modélisation du planning (et son mode d'emploi).

L'outil Modélisation du planning permet de comparer les plannings des postes théoriques avec ceux des besoins en vacations. Cet outil peut être une aide pour la cellule de programmation afin d'ajuster les ressources humaines à l'activité.

6.1.2. Maîtrise du programme assistée par logiciel

Les informations concernant la conduite de projet d'informatisation de la gestion des ressources au sein du bloc opératoire se trouve au lien suivant: monhopitalnumérique.

La maîtrise du programme opératoire peut aussi se faire à l'aide d'un logiciel de gestion de bloc (via l'achat d'un produit existant sur le marché ou le développement d'une solution « maison »). Cette maîtrise assistée par logiciel nécessite toutefois au préalable de construire un référentiel des durées moyennes d'utilisation des salles avec le temps de nettoyage inclus. Ce référentiel doit être établi par type d'intervention et par praticien.

Les professionnels doivent être associés à la construction du référentiel afin que celui-ci soit perçu comme opérationnel et légitime. Le référentiel s'appuie sur les informations suivantes :

  • Liste des chirurgiens
  • Liste des interventions
  • Temps d'occupation des salles par chirurgien et par type d'intervention

L'établissement de la liste des interventions doit être réalisé pour chaque spécialité. C'est l'occasion d'harmoniser les libellés au sein de la spécialité.

Remarque : Lorsque les temps d'occupation des salles ne sont pas connus, il faut vérifier auprès du service informatique (ou DSI ou DIM) si cette information n'est pas déjà enregistrée dans un système d'information de l'établissement. Il est fréquent que l'on trouve les heures d'entrée et de sortie de salle du patient. Il suffit alors de rajouter des temps standard de nettoyage des salles pour avoir une première valeur.

Si les valeurs moyennes (ou médianes) par chirurgien ne sont pas connues, il est possible de commencer par des valeurs génériques pour la spécialité. Après les premiers mois de fonctionnement, les statistiques par intervention et par chirurgien seront disponibles et constitueront le référentiel. Une fois ce référentiel établi, il est utilisé pour le paramétrage du logiciel de gestion du bloc opératoire. Au quotidien, pour toute intervention programmée, le temps d'occupation de salle mémorisé dans le référentiel est utilisé pour : soit proposer la première date possible, soit pour vérifier que le temps restant sur la vacation choisie par le chirurgien permet l'intervention. En cas d'impossibilité pour la date choisie, le chirurgien doit proposer une autre date. Il est possible de prévoir une procédure d'inscription en débordement partiel. Dans ce cas, c'est la cellule de programmation qui valide l'inscription au programme.

6.2. Les outils de partage des décisions de la cellule de programmation

Le partage des décisions de la cellule de programmation est indispensable :

  • Dans le cas où l'établissement est doté d'un logiciel de gestion des blocs, un module est généralement déjà existant permettant de partager directement la programmation.
  • Dans le cas où l'établissement n'est pas doté d'un logiciel de gestion des blocs, un fichier tableur partagé peut être mis en place entre les différents secrétariats avec un accès direct au bloc opératoire. Il convient de demander l'appui du service informatique pour gérer le partage du fichier et les droits associés.

Cf. exemple de dossier de programmation partagé

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