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Le financement des dispositifs e-santé développés par les équipes « précurseuses » n’est pas sans poser un réel problème de faisabilité et de pérennisation des moyens nécessaires pour l’éclosion de ce type de projets.

La finalité de ce travail n’est pas d’élaborer un modèle économique « établi » qui n’est ni du ressort de l’agence ni de la compétence des membres du groupe de travail. Il s’agit avant tout de capitaliser sur les expériences existantes pour tendre vers un socle commun de développement et d’implémentation dans les différents aspects traités précédemment afin de permettre des orientations nationales (définition des besoins, déterminants organisationnels et techniques, évaluation des dispositifs…), évaluer le service rendu, identifier les zones à risques.

La définition d’un cadre d’implémentation commun des dispositifs e-santé en matière de télésuivi des patients sous anticancéreux oraux est un préalable à la question du financement, aussi essentielle soit-elle. Elle faciliterait même la compréhension du mécanisme de financement lui-même. En effet, ce dernier dépasserait le seul coût des dispositifs e-santé puisqu’il s’agit d’un couple indissociable « technologie-fonction de coordination ». Les dispositifs e-santé n’ont pas vocation à régler à eux seuls tous les problèmes de coordination entre les acteurs. En revanche, la technologie doit permettre de redonner du temps à ces acteurs pour faire de la relation humain-humain.

Une fois ce cadre établi, il serait utile de faire un bilan des questions posées par les équipes « précurseuses » au vu des difficultés rencontrées dans le financement de leurs projets respectifs. Ce bilan pourrait permettre un éclairage aux décideurs et aux tutelles dans l’appréhension et le soutien de ces innovations, que seule une approche en bottom-up est en mesure d’apporter en partant des expériences du terrain.

Les projets menés par les équipes présentent différentes sources de financement :

  • Appels à projets ARS ;

  • Fonds propres ;

  • Aides partielles par certaines firmes pharmaceutiques dans certains cas.

Pour les projets ayant fait l’objet de financement ARS (FIR) et selon les retours d’expériences étudiés, ces sources de financement couvrent :

  • Soit le développement du seul dispositif connecté (plateforme, portail, maîtrise d’oeuvre) sans moyens supplémentaires en postes d’IDE qui sont eux autofinancés par les ES ;

  • Soit le développement du dispositif connecté et les moyens humains associés, notamment les postes d’IDEC mais ce financement n’est pas pérenne dans l’attente d’une évaluation de sa pertinence.

Avec le mode de financement actuel en silo, il n’y a aucune incitation à la coordination du parcours qu’elle soit connectée ou pas. Sans surprise, la question du financement de ces dispositifs innovants est celle aussi du paiement au parcours de soins dès qu’il s’agit de virage ambulatoire présentant une forte composante de coordination ville - hôpital. Cependant, la pertinence du financement au parcours de soins d’un télésuivi par les dispositifs e-santé d’un patient sous anticancéreux oraux à domicile n’est pas sans poser un certain nombre de questions soulevées par le groupe de travail afin d’aboutir à un modèle de financement à sa juste valeur ; notamment :

  • Faire la part dans la prise en charge du patient sous anticancéreux oraux entre ce qui doit relever de l’établissement prescripteur de ce qui est du ressort des acteurs du premier recours.

« Le but étant de s’extraire de l’hospitalo-centrisme, il faut arriver à sortir de l’organisation dans l’hôpital de tout ce qui peut relever des acteurs de premier recours, notamment les médecins traitants ou les IDE libérales ».

Jean-François Moulin

Institut Paoli Calmettes Marseille

  • Favoriser le partage et le transfert de compétences des acteurs hospitaliers vers les professionnels du premier recours, notamment les médecins traitants pour les conforter dans leur rôle en tant que relais de proximité : formation, information, partage des données relatives aux patients, disponibilité de l’équipe hospitalière via une assistance téléphonique selon la complexité des situations cliniques.

  • Reconnaître et valoriser les compétences et les métiers déjà disponibles :

Le soulagement de la charge qui incombe au milieu hospitalier dépend aussi de la valorisation et de la reconnaissance des métiers déjà existants pour se concentrer davantage sur des situations cliniques particulièrement complexes. Quelques pistes de réflexion restent à explorer :

  • Créer un dispositif incitatif pour l’implication des médecins libéraux qui ne sont pas toujours enclins à ce type de prise en charge complexe par manque de disponibilité et/ou de formation d’autant plus qu’il s’agit d’un domaine très spécialisé et qui reste piloté essentiellement par l’établissement prescripteur ;

  • Exploiter la compétence des pharmaciens de ville qui bénéficient d’une proximité avec le patient au rythme d’une dispensation mensuelle des anticancéreux oraux et favoriser les liens entre les pharmaciens hospitaliers et les pharmaciens d’officine pour assurer le transfert de compétence et le suivi optimal du traitement ;

  • Même remarque concernant les autres acteurs de premier recours : IDE libéraux, réseaux de santé, hospitalisation à domicile…

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