Logo ANAP
Ce site requiert l'activation de javascript pour être utilisé, merci de l'activer.
S'abonner

Retour d'expérience, témoignage, Enseignements

Ressources associées

Retour d'expérience, témoignage, Enseignements, Kit de productions

Introduction
Coopération territoriale en biologie médicale : Enseignements et monographies

Retour d'expérience, témoignage, Enseignements, Kit de productions

Coopération territoriale en biologie médicale : Enseignements et monographies

LA BIOLOGIE MÉDICALE FACE À DE NOMBREUX DÉFIS

 

La biologie médicale est une spécialité en évolution profonde. Sur le plan de la santé publique, le vieillissement de la population, le développement des pathologies chroniques et un niveau d’exigence accru sollicitent de plus en plus le recours à la biologie.

Sur le plan technologique, l’automatisation se développe sur toutes les phases de l’analyse et pour l’ensemble des domaines de la biologie.

Sur le plan démographique, les projections laissent envisager une baisse des effectifs de biologistes.

Sur le plan économique, la pression sur la régulation des dépenses de biologie médicale ne cesse de croître.

Sur le plan stratégique, le modèle de la « biologie à la française » est mis en question par des logiques portées par des investisseurs nationaux et extranationaux.

Quant au contexte réglementaire, l’article 69 de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire (HPST) du 21 juillet 2009 a permis la réforme de la biologie médicale. Ainsi, l’ordonnance n°2010-49 du 13 janvier 2010, dite « ordonnance Ballereau », bouleverse les conditions d’implantation et d’organisation des laboratoires. La réglementation devient identique pour les établissements de santé et les structures de ville. Elle médicalise la profession de biologiste en renforçant le dialogue entre cliniciens et biologistes.

Elle impose la preuve de la qualité par une accréditation. Elle assouplit les règles de gestion. Elle institue la notion de laboratoire multisite et engage à une réflexion territoriale, en lien avec les Agences régionales de santé (ARS).

Les transformations à venir sont elles aussi majeures. La culture des home tests et des doctor’s tests pourrait se développer. Des disciplines comme la génétique, la pharmacogénomique et les puces à ADN ou à protéines sont promises à être utilisées dans des prises en charge médicales courantes. La diminution lente du nombre de laboratoires risque de s’accélérer, en particulier avec l’échéance et les contraintes imposées par l’accréditation.

Tous ces éléments confrontent les laboratoires à de nombreux défis :

  • offrir une réponse biologique adaptée aux besoins cliniques ;
  • assurer l’accréditation du Comité français d’accréditation (Cofrac) ;
  • mettre en oeuvre les progrès technologiques ;
  • améliorer la prescription médicale biologique ;
  • maîtriser les coûts ;
  • accompagner la dimension sociale des évolutions ;
  • garantir le maillage territorial de l’offre de biologie.

 

 

LE DÉVELOPPEMENT DES COOPÉRATIONS TERRITORIALES EST UNE RÉPONSE MAJEURE

 

Dans ce contexte, le développement des coopérations entre laboratoires et à l’échelle d’un territoire est indispensable pour faire face aux enjeux démographiques, technologiques, économiques et sociaux de la biologie médicale.

Les partenariats et regroupements sont non seulement facilités et encouragés par la réglementation. Ils sont surtout incontournables pour l’avenir de la biologie médicale. Cette incitation est d’autant plus pertinente que la biologie française est constituée majoritairement de structures de taille modeste.

Les réorganisations à un niveau territorial sont déjà une réalité. Mais elles sont plus développées dans le secteur de la biologie privée que dans celui de la biologie hospitalière. Ainsi, une enquête du Syndicat national des Biologistes hospitaliers parue à l’occasion de son 41e colloque en septembre 2012 a été conduite auprès de 251 laboratoires hospitaliers publics. Si 13 % s’étaient restructurés et 40 % étaient en cours de processus, 4 % se considéraient en situation d’échec et 43 % n’y étaient pas encore engagés.

Enfin, il existe peu de propositions d’appui aux démarches de coopération, appui pourtant nécessaire au vu de la complexité de ces opérations. Une coopération en biologie médicale a en effet des conséquences importantes. Elle entraîne une réorganisation des processus de l’activité de biologie entre les différents établissements partenaires. Elle impacte notablement les ressources humaines, les solutions techniques logistiques et informatiques.

Elle modifie les équilibres économiques sur le territoire et les équilibres budgétaires au sein de chaque membre de la coopération. Elle a un effet sur la démarche d’accréditation. Elle va conduire à revisiter les relations entre cliniciens et biologistes. Elle peut affecter la permanence des soins en biologie médicale. Elle nécessite une réflexion médicale approfondie afin de garantir le niveau de service rendu aux patients. Pour autant, ces nouveaux équilibres à trouver entre partenaires ne doivent pas faire oublier la perspective essentielle d’amélioration de la performance sur trois axes : le service rendu, les conditions de travail et l’efficience médico-économique. Cette exigence amène à porter une attention particulière aux indicateurs fondamentaux de la fonction biologie : la qualité, les délais de prise en charge et les coûts induits. La prise en compte de la dimension économique est, en effet, indissociable de la démarche de coopération territoriale.

 

Ces éléments confirment la nécessité, l’importance et l’urgence d’un appui aux établissements dans les coopérations territoriales en biologie. C’est dans ce mouvement de fond que s’inscrit le projet de l’ANAP « Coopération territoriale en biologie médicale ». Il a pour objectifs d’aider à une meilleure compréhension des enjeux d’une coopération en biologie et d’apporter des éléments d’aide à la décision et d’accompagnements technique et humain. Il a vocation à apporter un appui, d’une part aux biologistes et aux directeurs d’établissements, et d’autre part aux directeurs généraux et aux référents en biologie des ARS, qui envisagent une coopération en biologie ou y sont déjà engagés.

Ce projet est composé de quatre volets, indépendants les uns des autres. Pour le premier volet, il s’agit, à partir de monographies, de tirer les enseignements d’expériences de coopérations territoriales déjà réalisées afi n de mettre en évidence les facteurs clés de succès et les problématiques essentielles des coopérations en biologie.

Dans un autre volet, le projet « Coopération territoriale en biologie médicale » développe une démarche et des outils d’aide à la décision. Ils ont pour finalités d’aboutir à des scénarios d’organisation et de gradation de l’offre de biologie sur le territoire. Ces derniers doivent à la fois :

  • répondre aux exigences des activités cliniques,
  • tenir compte de l’évolution des ressources humaines,
  • maintenir une accessibilité pour les usagers,
  • être économiquement soutenable,
  • s’appuyer sur la diversité des solutions juridiques possibles.

Dans un troisième volet, des outils d’aide à la conduite du changement sont élaborés afi n d’aider les acteurs à mettre en oeuvre le scénario choisi. Ils sont constitués d’un clausier juridique type, de fiches thématiques relatives, notamment, à la logistique, au système d’information et la gestion des ressources humaines.

Ils contribuent à identifier les facteurs de succès et les besoins d’accompagnement pour faire aboutir la coopération.

Enfin, le projet « Coopération territoriale en biologie médicale » propose des outils pour mieux accompagner les personnels dans leur évolution professionnelle. Cette phase s’appuie sur les travaux de l’ANAP dans le domaine des ressources humaines : mobilité des professionnels de santé, plans d’accompagnement RH, dispositifs de formation, etc.

 

 

DES EXPÉRIENCES DE COOPÉRATIONS TERRITORIALES RICHES D’ENSEIGNEMENTS

 

La présente publication concrétise le volet du projet concernant les enseignements tirés des retours d’expérience de coopérations territoriales. L’objectif est de mettre en exergue les problématiques essentielles qui se posent dans ce contexte. Ce premier axe du projet n’a pas prétention à l’exhaustivité, ni vocation à réaliser un parangonnage des retours d’expérience en matière de coopération. Cette approche est davantage de nature qualitative, afin d’appréhender les motivations, les méthodes, les succès et les freins des coopérations observées.

Ces enseignements tirés des expériences territoriales de biologie médicale étudiées permettent de dégager sept repères éclairants pour mettre en oeuvre une démarche de coopération.

 

LES COOPÉRATIONS : UN ENJEU DE PERFORMANCE

Les motivations initiales apparaissent en même temps diverses et convergentes vers un enjeu partagé par tous les acteurs rencontrés : trouver un juste équilibre entre les dimensions de qualité du service rendu aux patients, de conditions de travail optimales et d’effi cience médico-économique.

 

LE PROJET MÉDICAL BIOLOGIQUE : LA PREMIÈRE PIERRE DE LA COOPÉRATION

La définition d’un projet médical biologique partagé entre biologistes et cliniciens constitue une première étape incontournable d’un processus de coopération. Ce projet aura pour objectif de définir les besoins biologiques adaptés aux exigences des prises en charge médicales. En fonction donc des degrés de l’urgence clinique, des volumes d’analyses, des délais d’accès, des structures biologiques existantes, des études économiques et de la démographie médicale notamment, une organisation territoriale biologique pourra alors être envisagée. Cette dernière devra préciser la gradation de l’offre biologique entre les sites ou laboratoires du territoire. Elle prendra en compte la permanence des soins biologiques, tant sur le plan des ressources humaines médicales et non médicales que sur celui de l’évaluation des coûts induits. Les attentes réciproques concernant les relations cliniciens-biologistes devront aussi être prises en considération dans l’élaboration des scénarios de coopération.

 

LES RESSOURCES HUMAINES : DES ACTEURS À CONSIDÉRER ET À ACCOMPAGNER

Dans les monographies présentées et sur cette base d’une recherche d’adaptation « besoins cliniques-offre biologique », la réflexion sur les ressources humaines a pu s’engager. Elle a pour objectif de mettre en place les effectifs nécessaires en nombre et en compétences pour faire fonctionner le dispositif de coopération territoriale retenu. L’anticipation des évolutions relatives aux ressources humaines apparaît être un facteur de succès déterminant. Elle permettra une organisation optimale, dès le démarrage de la coopération. Cela supposera donc de pouvoir proposer en amont les formations et les accompagnements les plus adaptés. Une attention particulière sera portée à chaque agent, les évolutions organisationnelles pouvant parfois se révéler déstabilisantes. En effet, une gestion fi ne des ressources humaines est la condition essentielle de la réussite d’une coopération et du développement professionnel des acteurs.

 

LES FONCTIONS DE SUPPORT : DES RÉALITÉS À INTÉGRER PLEINEMENT

Les solutions techniques et logistiques, en particulier l’informatique, les transports et les achats ainsi que le choix d’une forme juridique adaptée, découlent alors naturellement de ces besoins humains et organisationnels. Une collaboration étroite entre biologistes et directeurs est impérative.

 

LA CONDUITE DU CHANGEMENT : UN PROJET À PART ENTIÈRE

Les expériences étudiées mettent en évidence que des choix clairs dans la conduite du processus de coopération sont aidants. Ainsi trois éléments émergent : d’abord un calendrier structurant ; ensuite une communication institutionnelle et interindividuelle, régulière et transparente ; enfin un soutien apporté aux leaders de la coopération, leur permettant de durer dans des fonctions parfois éprouvantes d’animation, d’arbitrage et de pilotage.

 

LES ARS : DES ACTEURS INDISPENSABLES

Le rôle des ARS dans ces démarches de coopération a été souligné à de très nombreuses reprises. Leur intervention peut se faire à chacune des grandes étapes : dans la défi nition de l’offre territoriale de biologie médicale, y compris la permanence des soins ; dans l’identifi cation des cibles économiques des scénarios envisagés ; dans l’accompagnement des questions liées aux ressources humaines ; dans la constitution des éléments juridiques.

 

L’ÉVALUATION ÉCONOMIQUE D’UN LABORATOIRE : DU « PRIX DU B » VERS LE « COÛT GLOBAL DE LA FONCTION BIOLOGIE »

La mise en place d’une coopération territoriale nécessite de reconsidérer l’approche économique d’un laboratoire. L’évaluation classique de son coût est souvent réalisée sur la base d’un « prix du B ». L’élargissement de l’activité à une dimension territoriale amène à réfl échir à la notion de « coût global de la fonction biologie », impliquant tous les aspects qui contribuent à la production d’actes biologiques sur un territoire.

Nous espérons que vous trouverez dans cet ouvrage une aide pour vos projets de coopération.

Bonne lecture !

Cette ressource vous paraît-elle utile ?

Commentaires - Soyez le premier à déposer un commentaire

Pour ajouter un commentaire vous devez vous identifier

Vous êtes actuellement sur la page consacrée à Coopération territoriale en biologie médicale : Enseignements et monographies (Retour d'expérience, témoignage ♦ Enseignements) qui traite de Communiquer, Mettre en œuvre.

Vous êtes perdu ?

Haut de page

Vous êtes actuellement sur la page consacrée à Coopération territoriale en biologie médicale : Enseignements et monographies (Retour d'expérience, témoignage ♦ Enseignements) qui traite de Communiquer, Mettre en œuvre.

Vous êtes perdu ?